Je vis à Paris depuis plus de 30 ans, et je ne me lasse pas de contempler ce clocher, dont la simple élégance me réjouit à chaque fois. L'art roman exprimait dans sa pureté la simplicité de la foi, la modestie d'une existence, avant que le gothique ne vienne tout compliquer.
L'église Saint-Germain est un raccourci de l'évolution : le clocher est purement roman, l'arrière gothique primitif. Pendant un temps, cette église fut la sépulture de quelques rois mérovingiens, dont le règne a été décrit par Fustel de Coulanges, un historien du 19e siècle, comme "un despotisme, tempéré par l'assassinat".
Aujourd'hui, en des temps (à peine) plus civilisés, ce clocher veille sur la douceur de vivre du quartier. Construit entre 990 et 1014, il a su résister à toutes les tentatives des urbanistes pour détruire la beauté partout où ils le pouvaient, ce qui tient du miracle.
Tout à côté passe la ligne de métro numéro 4, la ligne cinq fois sanctifiée (Strasbourg-Saint-Denis, Saint-Michel, Saint-Germain, Saint-Sulpice, Saint-Placide). De l'autre côté passe la rue de l'Abbaye. C'est dans ce quartier fortement connoté en références chrétiennes qu'est né l'existentialisme, dont quelques traces subsistent aux alentours de l'église (plaques commémoratives et photos dans les illustres débits de boissons avoisinants).
Malgré une dégradation certaine du quartier au fil des années (le prêt-à-porter a envahi les rues comme une épidémie, chassant les librairies), il y a tout de même un après à Saint-Germain-des-Prés.
mardi 22 mai 2018
jeudi 10 mai 2018
Monna et Marie-M.
Si c'est pour aller au musée du Louvre, on peut s'aventurer Rive droite (la photo date de l'année dernière, mais je l'ai mise parce que j'aime bien la forme du nuage au dessus du musée). Passez donc la Seine et commencez par admirer la pyramide de Ieoh Ming Pei, architecte de grand talent et de grande culture, qui a compris que cette forme parfaite était la seule possible au milieu de cet endroit magnifique (peu de Parisiens prennent le temps de la regarder vraiment).
Cette pyramide entre en résonance avec l'obélisque de la Concorde (entre Égyptiens, on se comprend) et elle entre en conflit avec quelques acariâtres, qui ne la supportent toujours pas plus de 25 ans après sa réalisation (Stendhal disait : "On reconnaît un grand homme à ce que, 100 ans après sa mort, il a encore des ennemis"). Pei est déjà grand, de toute façon.
Ensuite, rendez visite à Monna (oui, avec deux "n", vérifiez sur louvre.fr), c'est un rituel, mais n'oubliez pas d'admirer dans la même salle "L'homme au gant", "La Femme au miroir" et "Le Concert Champêtre" de Titien, trois merveilles, et dans la Grande Galerie non loin, Le portrait de Baldassare Castiglione, de Raphaël, "La Diseuse de bonne aventure" du Caravage, et "La Vierge à l'Enfant avec Sainte-Anne", la plus belle toile (selon moi) de Léonard.
Quand vous frôlerez l'overdose du fait de tant de beauté accumulée, allez faire un tour au Carrousel du Louvre, passez la pyramide inversée sous laquelle est enterrée Marie-Madeleine (si l'on en croit le Da Vinci Code), sortez par la Porte des Lions et regagnez bien vite la Rive gauche, pour vous remettre de toutes ces émotions.
(Je n'ai pas osé reproduire les photos des tableaux, de peur qu'un copyright furieux ne s'abatte sur mon blog et m'envoie en prison).
Cette pyramide entre en résonance avec l'obélisque de la Concorde (entre Égyptiens, on se comprend) et elle entre en conflit avec quelques acariâtres, qui ne la supportent toujours pas plus de 25 ans après sa réalisation (Stendhal disait : "On reconnaît un grand homme à ce que, 100 ans après sa mort, il a encore des ennemis"). Pei est déjà grand, de toute façon.
Ensuite, rendez visite à Monna (oui, avec deux "n", vérifiez sur louvre.fr), c'est un rituel, mais n'oubliez pas d'admirer dans la même salle "L'homme au gant", "La Femme au miroir" et "Le Concert Champêtre" de Titien, trois merveilles, et dans la Grande Galerie non loin, Le portrait de Baldassare Castiglione, de Raphaël, "La Diseuse de bonne aventure" du Caravage, et "La Vierge à l'Enfant avec Sainte-Anne", la plus belle toile (selon moi) de Léonard.
Quand vous frôlerez l'overdose du fait de tant de beauté accumulée, allez faire un tour au Carrousel du Louvre, passez la pyramide inversée sous laquelle est enterrée Marie-Madeleine (si l'on en croit le Da Vinci Code), sortez par la Porte des Lions et regagnez bien vite la Rive gauche, pour vous remettre de toutes ces émotions.
(Je n'ai pas osé reproduire les photos des tableaux, de peur qu'un copyright furieux ne s'abatte sur mon blog et m'envoie en prison).
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| Photo Benh Lieu Song, Creative Commons. |
mercredi 9 mai 2018
La frontière des Saints-Pères
La rue des Saints-Pères est une frontière. Elle marque la limite entre mes deux arrondissements préférés, le 6e et le 7e. Si vous regardez vers le boulevard Saint-Germain (photo), le trottoir de gauche est dans le 6e, celui de droite dans le 7e (ce qui semble approprié). Si vous parcourez la rue en changeant de trottoir tous les 10 mètres, vous changez aussi d'arrondissement. Cela peut être grisant.
À propos, connaissez-vous le principe de la numérotation des rues à Paris ? Si les rues (et avenues) sont plus ou moins perpendiculaires à la Seine, les numéros partent du plus près de la Seine. Si les rues sont parallèles à la Seine, les numéros vont dans le sens du courant, de l'amont vers l'aval. C'était notre rubrique "De l'importance de la Seine dans les rues de Paris" (autre développement futur : "crues").
À propos, connaissez-vous le principe de la numérotation des rues à Paris ? Si les rues (et avenues) sont plus ou moins perpendiculaires à la Seine, les numéros partent du plus près de la Seine. Si les rues sont parallèles à la Seine, les numéros vont dans le sens du courant, de l'amont vers l'aval. C'était notre rubrique "De l'importance de la Seine dans les rues de Paris" (autre développement futur : "crues").
mardi 8 mai 2018
Sous le bitume, les pavés
Le célèbre pavé parisien a de moins en moins droit de cité Rive gauche. Au mois de mai 1968, il y a cinquante ans, ce pavé s'est révélé une excellente arme de jet, manié par des jeunes qui avaient décidé de refuser le monde de vieux qu'on leur imposait. Après "Jouissez sans entraves", après "Sous les pavés, la plage", les deux plus beaux slogans de Mai, tout le monde est parti en vacances, et les autorités en ont profité pour bitumer tout ce qui pouvait l'être, espérant que les prochaines échauffourées soient moins redoutables. La rentrée fut morose.
Ma paroisse
Saint-Germain-des-Prés, c'est ma paroisse. Autour de l'église à la belle simplicité romane, se déploie une authentique douceur de vivre que l'on ne trouve pas Rive droite, plus affairiste, plus agitée. Ici on regarde le temps qui passe depuis une terrasse de café ensoleillée, on explore les librairies du voisinage (L'Écume des Pages, Albin Michel, Gallimard, 7L ...), on se risque jusqu'à l'Odéon pour aller au cinéma, on jette un œil prudent sur les nombreuses galeries d'art alentour, de peur de ne pas aimer ce qui est exposé, on croise une foule de jolies filles et de jolies femmes qui ont du charme et du style, bref, on prend son temps de façon délicieuse. À notre époque d'efficacité et de compétition forcenées, c'est odieux, je sais.
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